21 octobre 2007
La vie, je me la dois
Avant propos.
J'aurais peut-être dû nommer mon blogue "Chroniques du dimanche". Pourquoi? Ça semble évident aux quelques persistants qui m'honorent de leurs visites. Je manques cruellement de temps et peut-être un peu d'inspiration (et peut-être aussi un peu de courage...) pour entretenir ce site régulièrement (lire, presque quotidiennement) MAIS, si vous avez pris la peine de lire mon À propos, vous avez été avertis que je ne me livrais à cet exercice qu'à mon rythme, sans pression, même si.... Donc, il n'y a que le dimanche ou j'ai un peu de temps pour entretenir cet espace. Point.
Le texte que je vous soumet m'a rappelé l'événement douloureux et après coup cocasse (hummm, pas vraiment) que j'ai vécu il y a tout juste 18 mois. Par une magnifique journée de février je revenais de la bibliothèque (!!!), à pieds, et glissant sur une plaque de glace, dans une cours d'école déserte, je me suis cassé le bras à la hauteur de l'épaule. Ne croyant qu'à une contusion, j'ai marché un demi kilomètre en me rendant bien compte qu'il n'en était pas ainsi et que je devais me rendre à la clinique. Je suis passé devant un poste de police... mais j'ai continué mon chemin!!! Je crois que je n'ai jamais autant souffert de ma vie, à la limite de l'évanouissement. Mais je m'en suis tirée honorablement, après tout... Cet évènement résume assez bien le parcours de ma vie...
Vous ai-je dit que
je m’étais sauvé la vie ?
Je me suis sauvé la vie !
Tout seul !
Évidemment, j’aurais préféré
que ce fût quelqu’un d’autre
qui me la sauvât, la vie !
Mais comme personne ne passait par là,
j’ai bien été obligé
de me la sauver moi-même..,
la vie !
Figurez-vous qu’en
descendant des marches,
j’en ai raté une !
Je me suis retrouvé au pied de l’escalier
avec une jambe cassée.
Et personne pour me porter secours !
Allais-je me laisser pour mort ?
J’en connais des…
qui ne se seraient pas arrêtés.
Ils se seraient enjambés et
ils auraient poursuivi leur chemin !
Ils seraient passés sans se voir.
Il y a des gens à l’intérieur de qui
il n’y en a pas un pour relever l’autre !
Moi, quand je me suis vu dans cet état,
ça m’a fait mal !
J’étais bouleversé !
Je me suis dit :
« Ne bouge pas, mon petit père !
Je vais te tirer de là ! »
J’ai pris ma jambe à mon cou
et je me suis sauvé (sur l’autre) !
Enfin… c’est une image.
Si bien que la vie, je me la dois !
L’avantage de se devoir la vie,
c’est qu’on ne la doit pas à quelqu’un d’autre !
Au prix où est la vie,
c’est toujours ça !
Depuis, je considère que j’ai
une dette envers moi-même.
Je peux me demander n’importe quoi.
Je ne peux rien me refuser !
Oh, je n’ai aucun mérite !
Ce que j’ai fait pour moi,
n’importe qui l’aurait fait
pour lui !
Raymond Devos
21:19 Publié dans Chemins parcourus | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note




Commentaires
Dommage que ce ne soit que dominical, mais c'est correct ainsi. D'ailleurs j'ai crû entendre un jour que les six autres jours de la semaine étaient l'idéal pour se reposer... :-))
Ecrit par : olaf | 22 octobre 2007
Ce qui est frustrant, quand tu te casses un bras, c'est que tout le monde reste les bras croisés. C'est bien simple, les bras t'en tombent. Puis c'est la colère ! Tu ferais à ces gens un bras d'honneur si tu le pouvais. Tu te jetterais dessus à bras raccourcis, mais la douleur est si intense que tu penses qu'elle te mènera directement dans les bras de Morphée. Mais ne t'en fais pas, la Justice a le bras long, et tous ces fiers-à-bras qui n'ont pas daigné t'ouvrir les bras lèveront les bras au ciel quand leur tour viendra de se casser un bras. Au fait, c'est quand le train pour Caen ? :)
Ecrit par : nyctae | 23 octobre 2007
nyctae, j'adore tes commentaires, que tu dois faire entre deux trains. J'espère que tu fais un beau voyage :-)
olaf, je suis passé chez toi et que dire d'autre que "Magnifique". Mes yeux de lectrice sont comblés. Merci!
Ecrit par : La Lectrice | 26 octobre 2007
juste un petit signe en passant
et puis ... Devos :)
Ecrit par : l'arpenteur d'étoiles | 20 novembre 2007
Merci l'arpenteur d'être fidèle, j'apprécie sincèrement. Et je suis bien heureuse de t'avoir fait découvrir le poète... Je tarde, je tarde mais je reviens très bientôt car le tourbillon est enfin passé et j'ai plein de mots dans la tête.
Ecrit par : La Lectrice | 21 novembre 2007
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